16. Les effets des sacrements et la grâce
Le principal effet des sacrements est de communiquer la grâce de Dieu à l’âme. La grâce est « un don intérieur surnaturel, qui nous est donné sans aucun mérite de notre part, mais par les mérites de Jésus-Christ, en vue de la vie éternelle » (Catéchisme de saint Pie X). Il importe d’apporter quelques précisions sur la grâce. Dieu a appelé l’homme à participer de la vie de la Très Sainte Trinité. « Cette vocation à la vie éternelle est surnaturelle » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1998). Pour nous conduire à cette fin dernière surnaturelle,
il nous accorde déjà sur cette terre un commencement de la participation à la vie de Dieu, qui sera plénière dans le ciel. Ce don est la grâce sanctifiante, qui consiste dans un « commencement de la gloire ». Par conséquent la grâce sanctifiante « est le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie infusée par l’Esprit Saint dans notre âme pour la guérir du péché et la sanctifier » (Ibid., n° 1999) ; « une participation à la vie de Dieu » (Ibid., n° 1997), qui nous divinise ; donc une vie nouvelle, surnaturelle ; comme une nouvelle naissance par laquelle nous sommes constitués fils de Dieu par adoption, participants ainsi à la filiation naturelle du Fils, « fils dans le Fils ». Elle nous introduit donc dans l’intimité de la vie trinitaire. En tant qu’enfants adoptifs nous pouvons appeler Dieu « Père » (voir Galates 4, 6), en union avec le Fils unique et sous l’action de l’Esprit Saint. C’est la « grâce du Christ », car dans la situation présente — c’est-à-dire après le péché et la Rédemption réalisée par Jésus-Christ — la grâce nous parvient comme une participation de la grâce du Christ : « Oui de sa plénitude nous avons tous reçu et grâce pour grâce » (Jean 1, 16).
C’est également la « grâce de l’Esprit Saint », car elle est infusée dans l’âme par l’Esprit Saint au moment du baptême. Non seulement nous recevons la grâce sanctifiante, mais aussi l’Esprit Saint lui-même : « C’est par les sacrements de l’Église que le Christ communique aux membres de son Corps son Esprit Saint et Sanctificateur » (Ibid., n° 739). Le fruit de la vie sacramentelle consiste en ce que l’Esprit Saint « divinise » les fidèles en les unissant de façon vitale au Christ : « Il guérit et il transforme ceux qui le reçoivent en les conformant au Fils de Dieu » (Ibid., n° 1129). Il nous fait vivre « de la vie du Christ ressuscité » (Ibid., n° 1091).
La grâce sanctifiante s’appelle aussi grâce habituelle, car c’est une disposition stable qui perfectionne l’âme par l’infusion des vertus, pour la rendre capable de vivre avec Dieu et d’agir par son amour. Elle se divise en « grâce première », celle par laquelle l’homme passe de l’état de péché mortel à l’état de grâce ou de justice, et « grâce seconde », qui est un accroissement de la grâce première.
En plus de la grâce sanctifiante, nous recevons des grâces actuelles, c’est-à-dire un don surnaturel « qui illumine notre esprit, meut et fortifie notre volonté, pour que nous fassions le bien et évitions le mal » (Catéchisme de saint Pie X) in actu, dans chaque acte. Chaque sacrement communique aussi la « grâce sacramentelle » qui « consiste dans le droit qu’on acquiert en recevant un sacrement quelconque, d’avoir, en temps opportun, les grâces actuelles nécessaires pour remplir les obligations qui dérivent du sacrement reçu. Ainsi, lorsque nous avons été baptisés, nous avons reçu le droit d’avoir les grâces nécessaires pour vivre chrétiennement » (Ibid.).
(à suivre…)