Sorti au début de l’année 2009, Gran Torino s’est immédiatement placé comme un chef d’œuvre de Clint Eastwood.
Vous pouvez le découvrir dès à présent en DVD.
Drame américain (2008) de Clint Eastwood. Scénario de Nick Schenk, d’après une histoire de Dave Johannson et Nick Schenk. Avec Clint Eastwood (Walt Kowalski), Bee Vang (Thao Lor), Ahney Her (Sue Lor), Christopher Carley (le Père Janovich) Brian Haley (Mitch Kowalski), Geraldine Hughes (Karen Kowalski), Dreama Walker (Ashley Kowalski), Brooke Chia Thao (Vu) Brian Howe (Steve Kowalski), John Carrol Lynch (Martin, le coiffeur). (1h55). Sortie le 25 février 2009 - Adultes et grands adolescents.
Vétéran de la guerre de Corée et ancien ouvrier de l’automobile – l’action se passe dans une banlieue de Detroit -, Walt Kowalski vient de perdre sa femme, presque le seul lien qui le liait à ce monde. Il est depuis longtemps loin de ses enfants et il n’espère plus rien de la vie. En réalité c’est le seul « américain » qui reste dans un quartier envahi peu à peu par une population d’origine asiatique que Walt supporte mal : l’ethnie des Hmong, implantés au Laos, au Vietnam et en Thaïlande. Il doit subir aussi la sollicitude du jeune curé de la paroisse, le Père Jalcovich, qui a promis à sa femme avant de mourir de pousser son mari à se confesser. Son seul motif d’orgueil est sa Ford Gran Torino, 1972, qu’il a vu naitre dans son usine et qu’il soigne avec une grande délicatesse. C’est cette voiture que convoite un gang de petits malfrats. Ils font pression sur le jeune voisin de Walt, Thao, seul homme dans une famille de femmes depuis la mort du père à la guerre. C’est ainsi que Walt surprend un soir Thao essayant de voler sa voiture. Les gens du gang arrivent et Walt les fait fuir. Parce qu’il comprend la situation, il renonce à faire appel à la Police. La famille de Thao le pousse à offrir ses services à Walt qui finit par accepter à contre cœur. Commence alors une relation de paternité qui n’ose pas dire son nom entre Walt et le gamin ; Walt entre malgré lui dans l’intimité de la famille de Thao, est tombe sous le charme de la sœur de celui-ci, jeune fille déjà bien intégré dans la culture américaine. Enfin tout pourrait favoriser les dernières années de vie paisible pour Walt, mais l’histoire acquiert un ton de plus en plus dramatique. Pour protéger Thao et les siens, Walt sera-t-il obligé d’avoir recours a la chose qui regrette le plus dans sa vie passé : la violence ?
C’est un premier scenario qui possède une grande qualité et qui a permis à Clint Eastwood d’être derrière et devant la caméra avec un film qui continue la série des chefs-d’œuvre de ces dernières années. Il avait décidé de ne plus jouer, mais le rôle semblait écrit pour lui. Toute la première partie offre une série de portraits humains d’une extraordinaire finesse, du prêtre têtu aux immigrés asiatiques, sans oublier la famille de Kowalski et Walt lui-même. Un véritable rôle de composition pour Clint Eastwood, duquel on pourrait dire qu’il en fait trop si son personnage n’était pas sur le papier déjà excessif dans son refus du monde moderne et dans sa xénophobie galopante. Sa transformation, même si elle est attendue, est amené avec une grande souplesse, car, on le devine depuis le début, Walt est un honnête homme, malmené par la vie, croyant catholique, qui va tout risquer par amour de son prochain dans la plus pure tradition christique. Si la première partie du film est une aimable comédie avec des personnages attachants, la deuxième partie vire à grande vitesse vers le drame. Car la protection de Thao et de sa famille du gang qui veut se venger du garçon, demandera des décisions héroïques. C’est dans sa conclusion, extrêmement bien agencée et qu’il faut se garder de révéler, que Grand Torino acquiert une exceptionnelle dimension humaine et spirituelle. En somme un grand film qui continue de situer Clint Eastwood, à 78 ans, en haut de l’échelle des réalisateurs américains.
Le film possède une forte densité humaine et spirituelle, les rapports entre Walt est le prêtre sont d’une grand justesse, et tout le film est comme un itinéraire vers le don de soi aux autres qui ne laissera personne indifférent.
Georges Collar