Publié le 24 juin 2010 par
Quelques jours avant l’examen par la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme de l’affaire « Lautsi » à propos des crucifix dans les écoles italiennes, les évêques catholiques grecs condamnent l’interdiction de l’exposition de symboles religieux dans l’espace public. « Le contraire, disent-ils, constituerait une contradiction et une négation de l’héritage religieux et culturel d’un pays, où prennent source leurs racines et le fondement de leur avenir. »
Déclaration intégrale des évêques :
En vue du prochain examen par la Grande Chambre de la Cour européenne des Droits de l’homme (30 juin 2010), de la requête de l’ Italie relative à l’ exposition de symboles religieux dans les écoles publiques, sous prétexte que leur présence porte atteinte à la liberté religieuse, la Conférence épiscopale de l’Eglise catholique de Grèce déclare :
1- La condamnation de l’ Italie par la Cour européenne, pays historiquement et culturellement chrétien, de tradition catholique, ayant comme capitale Rome, où se trouve le siège de l’évêque de Rome et le centre de l’ Eglise catholique, est le début d’une série de procédures qui se dessinent à l’horizon et se réfèrent au refus de certains chefs politiques et de représentants des pays de la communauté européenne, de reconnaître à la Constitution européenne les racines chrétiennes du continent européen.
2- Une petite minorité ne doit pas empêcher l’écrasante majorité dans l’exercice de sa foi religieuse, selon les traditions de ce peuple. Inversement, il n’appartient pas à la majorité d’empêcher les minorités dans l’exercice de leur foi religieuse. Le respect mutuel des diverses traditions est nécessaire dans le bon fonctionnement d’une société pluri-culturelle. Cette mesure assurera la cohabitation pacifique de toutes les religions et condamnera toute forme de fondamentalisme religieux, source de beaucoup de fléaux à l’humanité.
3 - En conséquence, nous considérons que dans les pays de tradition chrétienne multi-séculaire, l’exposition de symboles religieux ne devrait pas être interdite, spécialement dans les lieux où se cultive l’auto-conscience des enfants et des jeunes. Le contraire constituerait une contradiction et une négation de l’héritage religieux et culturel d’un pays, où prennent source leurs racines et le fondement de leur avenir.
Donné à Athènes, le 11 juin 2010. Pour la Conférence épiscopale de l’Église catholique de Grèce
Le président + Fragkiskos Papamanolis évêque de Syros, Santorin et Crète
Le secrétaire général + Nikolaos Printézis archevêque de Naxos - Tinos -Andros et Mykonos
Retrouvez cet article sur le site de la Fondation de service politique.