Deux Papes au pied de l’autel

Publié le 22 décembre 2009 par Jean-Baptiste Balleyguier

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    Dimanche dernier, Benoit XVI a décidé de reconnaître les vertus héroïques de deux papes (mais également deux géants) de l’Histoire contemporaine : Jean-Paul II et Pie XII.

    Jamais Pontifes n’auront déchainé autant de passions dans notre histoire. Tous deux ont vécu les heures les plus noires du XXè siècles. Tous deux ont connus les deux totalitarismes : le nazisme (et le facisme) et le communisme. Tous deux l’ont condamné. Tous deux ont connu sous leur Pontificat la chute de l’un de ces Totalitarismes. Chute dont on peut dire qu’ils ont été les artisans actifs.

    Pie XII

    Pie XII a agi pour la paix, avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Il a agi pendant la seconde guerre mondiale pour sauver un très grand nombre de juifs. Il a agi en rappelant toujours la nécessité de respecter, en l’Homme, l’image de Dieu et en rejetant toutes les formes d’exclusions liées à la provenance sociale ou ethnique.

    Le message prononcé par Pie XII le 24 décembre 1942, est une dénonciation en règle de tous les ordres politiques qui empêchent cette reconnaissance. Mais il va beaucoup plus loin : Pie XII prononce avant même la déclaration universelle des droits de l’Homme (1948), la nécessité de reconnaître et protéger les droits sociaux de la personne humaine :

    Qui veut que l’étoile de la paix se lève et se repose sur la société concourt pour sa part à rendre à la personne humaine la dignité qui lui a été conférée par Dieu dès l’origine ;

    qu’il s’oppose à l’excessif rassemblement des hommes à la façon d’une masse sans âme, à leur instabilité économique, sociale, politique, intellectuelle et morale, à leur manque de principes fermes et de fortes convictions, à la surabondance d’excitations instinctives et sensibles et à leur versatilité ;

    qu’il favorise par tous les moyens licites et dans tous les domaines de la vie, les formes sociales qui rendent possible et qui garantissent une pleine responsabilité personnelle, aussi bien dans l’ordre terrestre que dans l’ordre éternel ;

    qu’il promeuve le respect et l’exercice pratique des droits fondamentaux de la personne, à savoir : le droit à maintenir et à développer la vie corporelle, intellectuelle et morale, en particulier le droit à une formation et à une éducation religieuses ; le droit au culte de Dieu, privé et public, y compris l’action charitable religieuse ; le droit, en principe, au mariage et à l’obtention de sa fin ; le droit à la société conjugale et domestique ; le droit au travail comme moyen indispensable à l’entretien de la vie familiale ; le droit au libre choix d’un état de vie, et donc aussi de l’état sacerdotal et religieux ; le droit à l’usage des biens matériels dans la conscience des devoirs propres et des limitations aussi sociales.

    Pie XII lie, de manière directe et substantielle les totalitarismes et à la violation de ces droits. Les nazis et les fascistes se reconnaissaient directement dans ces "rassemblement des hommes à la façon d’une masse sans âme".

    Il n’y a pas de doute, Pie XII a dénoncé de manière très claire et précise les totalitarismes, et notamment le nazisme et le facisme, qui mettaient alors l’Europe à feu et à sang.

    Jean-Paul II

    Jean-Paul II maintenant, est le digne successeur de Pie XII comme pourfendeur des idéologies athées. Sans jamais évoquer directement le régime soviétique, il est l’un des principaux artisans de sa chute. Comment ? En libérant les âmes qui étaient sous le joug communistes. En leur disant "N’ayez pas peur ! Ouvrez tout grandes vos portes aux Christ"

    Les Polonais ses compatriotes n’ont alors plus hésité, et ont compris ce message comme leur étant directement adressé. Le mouvement Solidarnosc, ouvertement catholique, fut l’artisan principal de la fragmentation progressive de l’empire soviétique.

    Jean-Paul II est également le Pape qui a réconcilié la jeunesse avec l’Eglise : en lui rappelant que le Christ appelle à un Amour Total, un Amour Don. En mettant les jeunes face à un horizon sans limites. En les invitant à se détacher des nouvelles idéologies matérialistes, si faciles à intérioriser parce que leur joug n’est pas physique.

    Au Bourget, en 1980, Jean-Paul II mettait directement les français en garde, contre l’illusion de la maitrise de l’homme par les sciences. Car il en sortirait nécessairement un nouveau totalitarisme :

    L’homme d’aujourd’hui a beaucoup augmenté son pouvoir sur la terre, il pense même à son expansion au-delà de notre planète.

    On peut dire en même temps que le pouvoir de l’homme sur l’autre homme devient toujours plus lourd. En abandonnant l’alliance avec la sagesse éternelle, il sait de moins en moins se gouverner lui-même, il ne sait pas non plus gouverner les autres. Combien pressante est devenue la question des droits fondamentaux de l’homme !

    Quel visage menaçant révèlent le totalitarisme et l’impérialisme, dans lesquels l’homme cesse d’être le sujet, ce qui équivaut à dire qu’il cesse de compter comme homme. Il compte seulement comme une unité et un objet !

    Jean-Paul II était pour tous un père, même pour ceux qui, ouvertement, affirmaient leur haine envers lui. Un père aimant, sans condition. Avec la passion d’un Polonais.

    Il avait une Amour passionné pour l’Homme, comme Créature de Dieu. Créature sacrée. C’est pourquoi il s’est toujours battu pour la défense de tous les hommes, quels que soient leur condition, leur état de santé, leur âge, leur développement biologique.

    Qui peut affirmer s’être autant battu et démené pour l’Homme que Jean-Paul II ? Qui a autant eu le soucis du respect de la personne humaine, face aux idéologies qui l’agressent ?

    Main dans la main au pied de l’Autel

    C’est tous les deux, ensemble, que Pie XII et Jean-Paul II, papes face aux totalitarismes sont déclarés vénérables. Et ce n’est pas sans raison. Allemand, Benoit XVI ne connait que trop dans sa chair même, ce que représentent les totalitarismes du XXè siècle.

    Il ne sait que trop les risques qu’encourent les sociétés lorsqu’elles ne respectent plus l’Homme comme une personne, c’est-à-dire un être sacré, créature de Dieu.

    C’est pourquoi il veut donner au monde ces deux exemples. Comme deux sentinelles vigilantes face aux idéologies qui réduisent l’Homme à un corps sans âme et sans conscience. Et l’on ne peut qu’espérer qu’ils soient portés ensemble sur les autels.


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