C’est rassurant : pour commencer l’Avent on nous annonce la fin du monde… Les astres qui tombent, les tempêtes, les fracas, les hommes qui meurent de peur. Mais heureusement le Christ vient dans la nuée.
On peut bien sûr prendre cet Evangile dans un sens littéral, mais bon, cela ne nous avancera pas à grand chose, puisque, que ce soit à la fin du monde ou à la fin de notre vie, nous allons tous mourir.
Bien, ceci étant dit, tentons de tirer quelque chose de cette effrayante Bonne Nouvelle. Disons que le monde, c’est nous. Que les astres et la terre sont ce que nous croyons être stable dans notre vie. Les hommes terrorisés sont des hommes qui se rendent compte que le Seigneur les appelle à le suivre.
Le Fils s’incarne pour nous appeller à le suivre et à l’aimer. L’Amour que Dieu nous montre vient ébranler notre petit monde. C’est que Dieu aime gratuitement : étant parfait, il n’a pas vraiment "besoin" de notre amour. Il ne reçoit pas de satisfaction d’être aimé par nous : il est en effet d’ores et déjà comblé par la relation qu’il entretient dans la Trinité.
L’Amour que le Père porte au Fils et dont procède l’Esprit Saint, étant lui même parfait, il n’a pas besoin d’apport extérieur. Mais l’Amour trinitaire ne peut être centré sur lui-même : il souhaite que ses créatures puissent trouver le bonheur qu’il connaît en lui-même.
Comment ? En l’aimant bien entendu : car on ne peut trouver notre bonheur en dehors de celui qui nous a créé.
Sauf, que les hommes ont pensé pouvoir trouver le bonheur et l’Amour en eux-même, en devenant "comme des dieux". Evidemment, l’homme n’a pu se trouver qu’un abîme en lui-même, abîme qu’il tente depuis d’explorer en vain.
D’où l’intervention d’un "Deux ex praesopio" [1] : Dieu ne se contente pas de nous abandonner à notre sort. L’Amour divin est plus fort que celui d’une mère (juive s’entend ici…). Et cet Amour vient bousculer et nous obliger à abandonner notre petite situation confortable.
En voyant un nourrisson un bébé-Dieu, notre système de valeurs ego-centré se renverse totalement. Cela ne se fait pas vraiment naturellement, c’est même franchement terrorisant. Se dire que tout notre environnement et nous même, sommes en train de nous planter totalement a de quoi nous effrayer.
Cela ne s’exprime pas forcément par un retournement total : un chute à la Saint Paul. On croit parfois vivre chrétiennement, en respectant les valeurs chrétiennes. En allant à la messe le Dimanche ; En disant sa petite prière le soir. En allant se confesser une fois par semaine.
C’est que Dieu ne se contente pas d’avoir de gentils chiens qui font tout juste ce qu’on leur demande. Il veut un engagement radical. Un abandon total de nos petites sécurités humaines, pour s’abandonner à sa Providence. Comme un enfant qui sort de sa mère, ainis que le Christ, l’indique à Nicodème.
Finalement, ceux qui se sortiront de cette apocalypse, ce "2012" qui intervient dès maintenant, sont ceux qui accepteront tout simplement de tout perdre, leur vie même, pour tout gagner.
[1] Dieu hors de la crèche
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