Tansfigurons, transfigurons !

Publié le 7 novembre 2009 par Jean-Baptiste Balleyguier

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  • Les flux RSS nous jouent parfois des tours. Le flux de Nominis mal mis à jour, m’a faire croire que c’était aujourd’hui la Transfiguration (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas vraiment)… mais en fait non.

    Qu’importe, la Transfiguration est une fête à laquelle on devrait sans doute faire un peu plus attention, depuis que cet épisode de la vie du Christ fait partie des mystères Lumineux.

    C’est que l’épisode est peu courant : il n’intervient qu’une fois, contrairement aux passages où le Christ guérit des malades, chasse des démons, ou engueule les pharisiens…

    Le Christ emmène Pierre, Jacques et Jean sur la montagne (qui est traditionnellement le lieu de la rencontre avec Dieu) et là "il fut transfiguré devant eux". Comme on ne sait pas exactement ce que cela signifie, l’évangéliste nous explique ce que c’est : "son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière" [1], Marc ajoute "si blancs qu’aucun foulon sur terre ne saurait blanchir de la sorte". Cette remarque digne d’une pub OMO (qui lave plus blanc que blanc) reflète bien l’esprit du terroir que devait avoir St Pierre (dont St Marc était le secrétaire).

    Mais bon passons. La Transfiguration ressemble un peu à une météorite, dans le ciel tranquille de l’Evangile et il est parfois un peu difficile d’en comprendre le sens. En clair : la Transfiguration, ça sert à quoi ?

    Lors de la Transfiguration, c’est l’Humanité du Christ qui laisse transparaître sa divinité. Le nouvel Adam laisse transparaître sa nature divine et montre ainsi la vocation de notre humanité après la Résurrection : participer de la nature divine.

    Dans son Homélie sur la Transfiguration, saint Jean Damascène, s’adressant à St Pierre lui dit "Si tu étais resté avec ton maître sur la montagne, ô Pierre, les promesses qui t’ont été faites n’auraient pas sorti leur effet : tu n’aurais pas été l’introducteur au royaume des cieux, le ciel n’aurait pas été ouvert au larron, la tyrannie de la mort n’aurait pas été détruite, l’enfer n’aurait pas rendu sa proie, les patriarches n’auraient pas été délivrés des enfers, la nature humaine n’aurait pas été revêtue de l’immortalité. Le Seigneur a pour toi des desseins plus grands que ceux que tu formes toi-même : il t’a proposé, non à la construction de trois tentes, mais à la construction de l’Eglise universelle" [2].

    La Transfiguration est un appel de nos petites ambitions terrestres pour laisser passer à travers nous la lumière divine. On peut toujours attendre patiemment que cette fameuse lumière passe à travers nous : nos amis seraient sans doute impressionnés, mais cela ne risque pas d’arriver de sitôt.

    Peut-être finalement, que la nature humaine transfigurée du Christ, symbolise aussi toutes nos activités humaines qui doivent peu à peu laisser transparaitre cette lumière : tout transfigurer en quelque sorte.

    Cela n’aura rien d’impressionnant, mais peu à peu nos amis verront le monde sous un autre aspect : les choses les plus simples s’illumineront peu à peu de la lumière divine du Christ.

  • Notes :

    [1] Matth, XVII, 10

    [2] Saint Jean Damascène : Homélie sur la Transfiguration, 16


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