Témoignage : Dieu, Amour et Haine

Publié le 30 septembre 2009 par Jean-Baptiste Balleyguier

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  • Je vous livre ici un commentaire publié par AncillaDomini sur le site Sacristains.fr, sous l’article Le pas sûr et paisible, le visage clair et pur… (une critique du film "Thirst" qui sort aujourd’hui en salle.)

    Elle y décrit une confrontation qu’elle a eu avec un jeune athée et la manière dont elle a compris la haine qui pouvait l’animer

  • Je me souviens d’une discussion sur un forum avec un lycéen athée. Au bout de quelques semaines de débat, soudain excédé (parce que ce que je lui disais de Dieu n’était pas ce qu’il voulait voir de Lui ?), il s’est répandu en blasphèmes et a hurlé son mépris de Dieu en grandes phrases. Le choc passé, j’ai alors réalisé… que je m’en fiche, moi, des faux dieux, et que je ne l’avais jamais remarqué jusqu’à ce moment-là.

    C’est vrai, et je suis sûre que vous aussi : les dieux grecs, romains, égyptiens, aztèques, etc., ils sont marrants ou passionnants, ils accomplissent des quantités de trucs dans des quantités de mythes, ils s’incrustent dans la vie de leurs adorateurs, ils sont partie intégrante de la vie publique et sociale antique (ça, c’est pour le côté sérieux)… Bref, tout cela est très divertissant, et on ne s’en lasse pas. C’est de l’histoire, de la mythologie, de la sociologie, de la littérature, c’est passionnant.

    Et c’est là que tout cela m’a frappée : n’adorant que le Dieu Unique, le seul Seigneur, un « Dieu jaloux » qui veut tout l’amour des hommes pour Lui et, en tant que chrétienne, n’appartenant qu’à Lui, je devrais les haïr, ces faux dieux. Et pourtant non. Pour une raison toute bête : ils n’existent pas. C’est une chimère, un mirage, une histoire qui fait un peu rêver, qui raconte des quantités de choses sur l’époque et sur les hommes, mais ce n’est rien de plus. A quoi bon haïr ce qui n’existe pas ?

    Et le contraste, du coup, avec ce jeune athée, m’a frappée aussi. Lui, il hait Dieu. Il dit qu’Il n’existe pas, il en met des tartines pour le démontrer et le re-prouver dix fois, au cas où la première n’aurait pas suffi. Il s’enivre de mots et de grandes phrases, comme si la réalité allait advenir à force d’être répétée. Et cela, c’est une démonstration époustouflante de ce qu’il sait et qu’il ne veut pas admettre : il sait que Dieu existe. Il ne peut pas faire comme s’Il n’existait pas, puisqu’il a besoin de hurler sur les toits qu’il Le hait.

    Intérieurement, il sait que Dieu existe, et ça le rend fou parce qu’Il ne comprend pas Dieu. Il ne comprend pas ce Dieu-là, que les chrétiens lui présentent, et qui est tellement l’antithèse de tout ce qu’on lui a appris sur Lui que tout son système de défense contre « les superstitions moyen-âgeuses », les « bigoteries pour esprits faibles et apeurés », les « dogmes obscurantistes de fanatiques haineux » s’écroule d’un coup. Il sait mais il ne veut pas le savoir. C’est un Dieu qui ne rentre pas dans sa logique : Il aime mais Il exige, Il commande mais Il Se donne, Il pardonne tout et Il veut tout. Inconcevable. Inacceptable. Toute sa raison s’arque-boute contre cet « OVNI » divin qui vient perturber tout ce qu’il croyait acquis.

    Et pour ne pas voir s’écrouler tout son système, tous ses repères, il se redresse, il hait, il hurle et il blasphème. C’était trop d’un coup. Mais il est peut-être déjà plus proche de Dieu que l’ignorant, parce que lui, même s’il refuse de savoir, il sait.

Vos commentaires

  • Le 1er octobre 2009 à 01:19, par AncillaDomini

    @ Yogi :

    Je précise, pour commencer, que j’ai fait référence à un cas particulier, et non pas à l’ensemble des athées (ça se voit, mais c’est bien de le rappeler).

    Vous abusez un peu, quand vous dites : "AD ne se préoccupe pas … entourée au quotidien des gens qui voudraient etc. etc. etc.". Avec 4,5% de catholiques pratiquants en France, la "pression" de la religion tient beaucoup plus de la légende des temps anciens que de la réalité actuelle ! ;)

    Bien tenté, sur les croyants, mais raté !
    Ou plutôt : vous généralisez un cas particulier… qui existe, certes, mais qui n’est pas plus généralisable que l’exemple que j’ai donné.

    • Le 7 octobre 2009 à 09:32, par Yogi

      La "pression" de la religion va bien au delà des 4,5% de catholiques pratiquants, parce qu’elle imbibe les références intellectuelles et la culture.

      Le christianisme reçoit dans la société une considération et un traitement différent de n’importe quelle autre croyance vaudou ou d’adoration des femmes à tête de chat, alors qu’il est de la même eau : c’est cette déférence culturelle indue qui le rend d’autant plus difficile à accepter.

      La "pression" est que cette croyance particulière-là, cette faribole pittoresque parmi tant d’autres, puisse être utilisée comme une référence et non comme une curiosité ethnologique ; le comble étant atteint quand un président prétend qu’un prêtre aurait plus à apporter qu’un instituteur.

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  • Le 30 septembre 2009 à 14:43, par Yogi

    A mon avis, AncillaDomini se méprend. La rage ne s’exprime pas contre Dieu lui-même mais contre des croyances absurdes dont nous sommes entourés et qui tentent régulièrement de nous pervertir et d’influer sur nos vies. AncillaDomini ne se préoccupe pas des Dieux antiques car elle n’est pas entourée au quotidien des gens qui voudraient qui voudraient lui faire adorer une femme à tête de chat ou qui militent pour que nous buvions de l’hydromel dans les crânes de nos ennemis. C’est le rejet de ces croyances, de leurs symboles et de leur pression qui s’exprime. Leur contenu finalement importe peu.

    Et pour ma part, j’ai la conviction inverse : les croyants au fond d’eux-mêmes savent que leur Dieu n’existe pas, il se rendent comptent que les cieux sont vides, que rien jamais ne répond à leur prières si ce n’est leur propre désir d’y croire. Ils savent que leur Dieu ne l’est que parce qu’ils sont nés à cette époque là dans cette famille là, que s’ils étaient nés aztèques ils croiraient avec la même force dans un autre, mais rigoureusement identique, "dieu qui n’existe pas".

    • Le 30 septembre 2009 à 15:12, par Jean-Baptiste Balleyguier

      Je ne suis pas vraiment d’accord : les chrétiens ont du vivre aux premiers siècles avec des païens qui croyaient en des Dieu "faits de main d’homme". Ils ne les hait jamais , parce qu’ils étaient dans une optique d’apostolat. St Paul use même de l’évocation de ces dieux (qu’il connait bien pour avoir grandi à Tarse). Pour un chrétien, l’homme est "capax dei" capable de Dieu : c’est un être toujours en recherche de son Créateur.

      Le fait de voir des gens qui ne croient pas comme lui ne le choque pas, ou ne le rend pas violent parce qu’il sait que c’est la marque de l’homme de rechercher en tout l’empreinte de son Créateur. C’est notamment le fondement du principe "d’inculturation" qui permet de reprendre au compte de l’Eglise les pratiques culturelles, en les rattachant à / transformant en des croyances chrétiennes.

      Par essence le chrétien comprend les croyants, mais sait qu’il détient la vérité, et tente sans haine et sans violence d’amener ses concitoyens à la vérité.

    • Le 30 septembre 2009 à 15:24, par Yogi

      Je crains que vous n’ayez une vision bien idéaliste du comportement des humains en général et des chrétiens en particulier. N’y a-t-il aucun exemple dans l’histoire où des chrétiens auraient pu se montrer haineux, violents ou oppressifs à l’encontre de populations ne partageant pas leurs croyances ?

    • Le 30 septembre 2009 à 15:28, par Jean-Baptiste Balleyguier

      ça a pu arriver en effet, cependant ce comportement de certains chrétiens n’était pas conforme à l’Evangile, ce que l’Eglise a reconnu. La haine ne fait pas partie du christianisme, alors qu’il semble que tout mouvement qui soit, de près ou de loin, attaché à l’athéisme tourne à la haine contre la croyance religieuse d’une manière générale : Révolution française, mouvement anticléricaux en France au XIXe siècle, Révolution espagnole, révolutions soviétiques et maoïstes et j’en passe…

    • Le 30 septembre 2009 à 15:42, par Yogi

      Il faudrait pouvoir distinguer dans vos exemples ce qui relevait de la haine contre l’ordre établi ou la révolte contre l’oppression, de ce qui relèverait purement de la haine de l’idéologie chrétienne "per se", ce qui me semble difficile.

      Mais le christianisme n’est qu’une religion parmi d’autres, et sans doute pas aujourd’hui la plus violente je vous l’accorde.

    • Le 1er octobre 2009 à 01:35, par AncillaDomini

      Au sujet de l’anticatholicisme des révolutionnaires, La Harpe a écrit un excellent livre : Du Fanatisme dans la langue révolutionnaire (www.gallica.bnf.fr). Ca semble assez partisan, je vous l’accorde… nan, ça l’est complètement, en fait ! :D

      Son auteur, fervent disciple de Voltaire, a vigoureusement laminé l’Eglise avant et pendant la révolution. Il s’est converti en prison et a mis sa prose fortement vitriolée au service de la défense de l’Eglise et des catholiques français, tandis que continuaient les persécutions.

      Evidemment, étant juge et partie dans l’affaire, son analyse est à considérer avec un certain recul… mais, même avec le recul qui s’impose, la "révolte contre l’ordre établi" ou "contre l’oppression" ne peut pas, effectivement, avoir été la motivation des tueries révolutionnaires, passé les premiers mois. La seule option restante, à le lire, c’est la révolte inconsciente contre Dieu Lui-même, et le désir (inconscient aussi) de Le remplacer par un dieu conforme aux désirs humains.

      Ce n’est que l’exemple de la révolution française… Je n’ai pas grand-chose à fournir concernant les autres exemples.

    • Le 7 octobre 2009 à 09:28, par Yogi

      Quand on renverse un pouvoir en place depuis des siècles, que celui-ci dispose de l’argent et de l’appui des nations environnantes, on en a pas fini en quelques mois.

      Quand de plus on réalise que ce pouvoir s’est abrité pendant des siècles derrière un "droit divin" créé de toutes pièces pour mieux exploiter et dominer sous la couverture de prêtres, on peut concevoir durablement quelque rancune à leur égard.

      On ne se révolte évidemment pas contre quelque chose qui n’existe pas, on se révolte contre ceux qui utilisent cette chimère pour servir leurs propres fins contre nous.

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  • Le 1er octobre 2009 à 14:16, par Emmanuel Pic

    Je pense, moi aussi, que bien souvent la haine de Dieu est surtout la haine d’une image de Dieu qu’on s’est faite ou que certains donnent. Laissons toutefois la liberté aux "athées" de nier Dieu, sans penser qu’au fond ils savent que Dieu existent. N’oublions pas également qu’une tradition ancienne de l’Eglise, rappelée au concile Vatican II, reconnaît l’oeuvre de Dieu aussi dans d’autres traditions religieuses que la nôtre, et ne mélangeons pas athéisme, haine de Dieu et religions non-chrétiennes.

    Personnellement, ce qui me heurte dans la confrontation avec l’athéisme contemporain, ce n’est pas la négation de Dieu, ni la haine à son égard ; c’est la tranquille assurance avec laquelle d’invraisemblables mensonges sont proférés, sur l’Eglise, la Bible et j’en passe, sans que personne ou presque ne relève.

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  • Le 30 septembre 2009 à 21:28, par Jean-Baptiste Maillard

    Oui Dieu existe, même qu’il est de retour !!! (cf www.dieuestderetour.com)

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