Une pièce blasphématoire a suscité la contestation de plusieurs catholiques. Dénonçant des débordements, le théâtre et la Ville de Paris ont décidé de porter plainte pour atteinte à la liberté d’expression. Personne (ou presque) ne semble se préoccuper du principe de liberté de conscience (qui implique le respect du sacré) un principe pourtant garanti par notre constitution.
« Après le Piss Christ d’Andres Serrano (…) voici le Shit Christ de Romeo Castellucci » ! Le mot est de Patrick Sourd des Inrocks. Ce dernier prend la plume pour se faire la voix des spectateurs « victimes d’une attaque terroriste menée par des nervis opposés à la liberté d’expression et déterminés à censurer la culture ».
Ce jeudi 20 octobre, plusieurs manifestants se sont rassemblés devant le théâtre de la Ville de Paris à l’occasion de la première de "Sur le concept du visage du fils de Dieu" de Romeo Castellucci. Ces derniers répondaient à l’appel de l’Institut Civitas et on été accueillis par les CRS. Plusieurs débordements sont à déplorer ce qui fait dire à certains que des membres de L’Action Française s’en sont mêlés. Tandis qu’à l’extérieur, des manifestants tentaient de s’enchaîner aux grilles, d’autres ont occupé la scène du théâtre en chantant des cantiques sous une banderole contre la christianophobie. Le théâtre rapporte que, le lendemain, les fauteurs de troubles s’en sont de nouveau pris aux spectateurs à l’extérieur du théâtre avec de l’huile de vidange et des œufs.
La cause d’un tel déchaînement ? Cette pièce de théâtre qui met en scène un portrait géant du Christ qui se retrouve par moments « souillé » « en laissant penser que c’est de la matière fécale qui vient le salir et de blesser ainsi tant de croyants », explique Alain Escada, secrétaire général de l’Institut Civitas. Un nouveau blasphème public contre lequel l’AFSP mettait en garde il y a quelque temps sur le site libertepolitique.com.
Après le récent scandale du Piss Christ, cette affaire remet de l’huile sur le feu et donne l’impression aux chrétiens que l’avenir sera toujours pire s’ils ne réagissent pas ! La Ville de Paris et le théâtre portent conjointement plainte pour « actes de dégradation du domaine public » et « atteinte à la liberté de création et d’expression artistique ». L’Observatoire de la liberté de la création a dénoncé dans un communiqué « ces comportements violents qui tentent, comme tous les intégristes fondamentalistes, d’empêcher une représentation touchant à la religion non conforme à leurs dogmes étroits ». Enfin, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a déclaré « Ces perturbations portent atteinte à un principe fondamental de liberté d’expression protégé par le droit français ».
Personne ne semble se soucier des torts que la pièce fait aux chrétiens et à la représentation du Christ excepté… le groupe islamiste Forsane Alizza ! Contacté par Nouvelles de France, leur meneur Abou Hamza s’est déclaré « affligé que les musulmans n’aient pas agi les premiers » car « Issa (que la paix soit sur lui) est un grand prophète de l’islam ». « En voyant prier sur la scène ces jeunes du Renouveau français, j’ai été touché par l’amour que portent ces chrétiens à leur religion », a-t-il ajouté.
Pourtant, à y regarder de près, si le comportement de ces manifestants est condamnable au regard de la loi, la pièce du théâtre de la Ville de Paris semble, elle aussi, porter atteinte à une liberté fondementale garantie par notre constitution : la liberté de conscience qui intègre la liberté de religion et le respect du sacré. C’est pourquoi l’Eglise, en la personne du porte parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Podvin, a condamné les « violences perpétrées lors de récents spectacles et promeut le dialogue et la foi » mais réclame également « une liberté d’expression respectueuse du sacré. Elle appelle à un échange avec les élus, concernant cet enjeu ».
Reste une question que pose Myriam Picard, journaliste et membre du Comité de rédaction de Riposte Laïque, « En quoi, donc, le fait de sauter sur une scène de théâtre avec une banderole, de filer un coup de pied puis de réciter un Ave Maria, en quoi le fait de balancer des œufs et de l’huile de vidange tout en récitant le chapelet montre-t-il la grandeur du sacrifice du Christ, de son amour pour nous, et la beauté de l’Eglise ? En quoi cela pousse-t-il les spectateurs, qui étaient présents ce jour-là, à lire l’Evangile, à écouter Benoît XVI, à s’interroger sur le sens de leur existence ? »
Source : www.libertepolitique.com