Publié le 6 mars 2011 par
Le ministre pakistanais des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, 42 ans, a été assassiné en plein jour, le 2 mars 2011 à Islamabad (Pakistan). Catholique, il militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème au travers d’un amendement présenté par certains parlementaires, et dénonçait les violences et intimidations envers la minorité chrétienne.
Le ministre pakistanais des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, 42 ans, a été assassiné en plein jour, le 2 mars 2011 à Islamabad (Pakistan). Trois ou quatre hommes à bord d’une voiture ont ouvert le feu à l’arme automatique sur le véhicule du ministre chrétien dans un quartier chic de la capitale. Les assaillants ont réussi à prendre la fuite.
Shahbaz Bhatti se rendait fréquemment chez sa mère sans gardes du corps, et c’est en revenant vers son lieu de travail qu’il a été assassiné. Catholique, il militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème au travers d’un amendement présenté par certains parlementaires, et dénoncait les violences et intimidations envers la minorité chrétienne.
« Je suis la première cible maintenant », avait-il déclaré à l’AFP après l’assassinat du gouverneur Taseer.
Ce meurtre survient en effet deux mois après l’assassinat du gouverneur du Penjab Salman Taseer qui s’opposait lui aussi à la loi sur le blasphème. Le 4 janvier, devant un complexe commercial du centre d’Islamabad, il avait été criblé de balles par un policier du commando d’élite chargé de sa protection. L’assassin avait invoqué le fait que Salman Taseer défendait Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour avoir prétendument « insulté » le prophète Mahomet.
Depuis, le policier meurtrier est vu comme un « héros » par une grande partie de la population de la République Islamique du Pakistan. Les manifestations contre toute modification de la loi se multiplient. Plusieurs imams et dirigeants de mouvements fondamentalistes réaffirment que l’islam récompense ceux qui tueront des apostats ou ceux qui défendent ces derniers.
Mgr Joseph Coutts, évêque de Faisalabad et vice-président de l’épiscopat pakistanais, a déclaré en apprenant la nouvelle :
« C’est une journée noire pour les chrétiens du Pakistan. Nous sommes désormais dans une urgence dramatique. Les chrétiens sont non seulement tristes, mais très en colère. Cet assassinat signifie que personne n’est plus à l’abri. Nous devons nous organiser. » « C’est l’exemple parfait et tragique de l’insoutenable climat d’intolérance qui règne dans notre pays », a affirmé pour sa part Mgr Lawrence Saldanha, archevêque de Lahore et président de l’épiscopat pakistanais. Il demande « au pays de reconnaître cette situation, de tout faire pour éviter que la violence ne triomphe ».
Depuis 1986 que la loi prévoit la peine de mort pour blasphème, celle-ci n’a jamais été appliquée. Mais des dizaines de personnes accusées d’avoir profané l’islam et le Coran - chrétiens, musulmans et hindous - ont été tuées, soit en prison par des policiers ou des gardiens, soit dans la rue une fois relâchées.
Les chrétiens représentent moins de 2% des quelque 170 millions de Pakistanais. Majoritairement pauvres, ils sont cibles de vexations et de persécutions fréquentes
Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a condamné un « acte de violence inqualifiable », estimant que les chrétiens pakistanais sont « frappés par la haine ».
Le président des Etats-Unis Barack Obama s’est dit aujourd’hui "profondément attristé" par l’assassinat du ministre pakistanais des Minorités Shahbaz Bhatti et a appelé Islamabad à identifier et punir les coupables de la mort de ce responsable chrétien.
Source : www.indignations.org