Réforme du système de santé américain : le planning familial désavoué

Publié le 14 novembre 2009 par Cathoweb

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  • A la demande de députés Démocrates, un amendement au projet de couverture maladie de Barack Obama interdisant le financement de l’avortement par des fonds fédéraux a été adopté. "Abasourdie", la présidente de "Planned Parenthood" appelle les sénateurs Démocrates pro-choice à bloquer le projet. Seront-ils prêt à faire capoter l’ensemble d’un projet historique pour les USA ?

  • Décidément, les États-Unis ne sont pas un pays comme les autres. Dans la nuit du samedi 7 novembre dernier, la Chambre des représentants a adopté la réforme tant souhaitée par Barack Obama pour offrir une couverture maladie aux 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus. Le matin même, le locataire de la Maison blanche avait fait le déplacement au Capitole pour exhorter les démocrates à voter massivement le texte. À l’issue d’un marathon de 12 heures de débat, la Chambre basse du Congrès votait finalement le projet de loi par 220 voix contre 215.

    Le coup de tonnerre de cette journée riche en rebondissements a retenti là où l’on ne s’y attendait pas, venant du propre camp du Président. L’élu démocrate du Michigan, Bart Stupak, a pu déposer en fin de journée un amendement garantissant l’interdiction du financement public de l’avortement. Emmenant avec lui 40 parlementaires démocrates pro-life (selon la terminologie officielle), il avait prévenu quelques jours auparavant qu’il préférait bloquer le projet de loi plutôt que de voir l’avortement couvert par les dollars du contribuable.

    C’est qu’on ne plaisante pas avec la liberté de conscience de l’autre côté de l’Atlantique : si je suis un Américain pro-life, je n’ai pas à payer la prise en charge d’un acte contraire à mes convictions. Or les Américains, démocrates ou républicains, sont de plus en plus pro-life…

    Adopté par 240 voix contre 194, l’amendement Stupak constitue un terrible revers pour le puissant planning familial américain qui avait pourtant mené une campagne extrêmement agressive en direction des élus et jusqu’au président Obama lui-même pour que la « santé reproductive » demeure au cœur de la réforme du système de santé. Plusieurs commentateurs y voient non seulement une défaite politique des pro-choice mais encore une défaite intellectuelle tant le vocabulaire lui-même véhiculé par l’amendement adopté in extremis témoigne d’un retournement des thèses habituellement en vogue.

    « Abasourdie », « furieuse », « bouleversée », les qualificatifs ne manquent pas pour décrire outre-Atlantique la réaction de Cecile Richards, la présidente du Planned Parenthood. Dans un communiqué où elle ne cache pas sa colère, elle appelle le Sénat à voter contre le nouveau texte, se rappelant au bon souvenir des promesses de campagne du président Obama en faveur de l’attribution de fonds fédéraux pour financer l’avortement.

    Si les pro-vie ont indéniablement gagné une bataille, ils ne sauraient cependant crier trop tôt victoire. Planning familial et sénateurs démocrates ont juré la mort de l’amendement Stupak lors de la discussion au Sénat qui doit précéder la promulgation de la version finale début 2010. Les débats promettent donc d’être houleux. Les élus démocrates pro-choice iront-ils jusqu’à faire capoter l’ensemble du plan de réforme de leur propre camp pour empêcher le maintien de cet amendement ?

    P-Ol. A.

  • Retrouvez cet article sur le site de la Fondation de service politique.



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